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La Brocante éco-solidaire redonne vie aux objets et crée du lien

11/04/2023

1783 vues

© S. Zambon | Dpt 40

À Mimbaste, l’association Graines de Partages, lauréate du BPC40 en 2021, défend les valeurs de l’économie sociale et solidaire avec sa recyclerie qui se veut aussi un chaleureux espace d’échanges.

Du pain aux meubles d’occasion : c’est le chemin peu banal suivi par Graines de partages pour ouvrir sa recyclerie en avril 2021. L’association a en effet été créée en 2015 à Cauneille autour de la boulangerie bio Les Chemins du pain. L’idée était alors de mettre en relation consommateurs et producteurs locaux dans le but de réduire le gaspillage et développer les échanges de proximité. 

En mai 2020, Mehdi Rouizem, son directeur, rencontre l’association AIMA, qui gère un réseau de 5 recycleries en Béarn et au Pays Basque : « cela nous a donné l’idée de lancer notre propre lieu. Ils nous ont encouragés à le faire et parrainés parce qu’ils avaient détecté un manque dans le sud des Landes à l’intérieur des terres ». Le site adéquat est déniché sur annonce à Mimbaste, dans les locaux d’un ancien atelier de réparation de machines agricoles : « les propriétaires ont été conciliants, ils nous ont permis de louer l’ensemble en trois temps ».

La Brocante éco-solidaire est idéalement placée sur l'axe Dax-Orthez © S. Zambon | Dpt 40

Un succès immédiat

Difficile de louper le grand bâtiment de la Brocante éco-solidaire, idéalement situé sur l’axe Dax – Orthez. Sur près de 1 000 m2, on trouve à petit prix tout ce qui peut avoir une seconde vie : meubles, vaisselle, électro-ménager, hi-fi, livres, vêtements, bijoux, bibelots… Le parking ne désemplit pas et de nombreux clients arpentent les rayonnages bien approvisionnés : « on a très vite senti qu’il y avait un besoin. À l’ouverture, le magasin était déjà quasiment plein d’objets ».

Pour se lancer, la recyclerie a bénéficié du dispositif régional AMPLI (Appui aux micro-projets locaux innovants). Les objets sont collectés gratuitement chez les particuliers dans un rayon d’environ 30 kilomètres dans une sorte de gentleman agreement avec les structures œuvrant dans le même domaine, explique Mehdi Rouizem : « on va s’autolimiter sur nos zones d’intervention. Il peut nous arriver d’orienter les personnes qui nous contactent vers un confrère s’il est plus proche. On travaille plus en solidarité qu’en concurrence ». 

Au bout de 2 ans d’existence, le directeur de la Brocante éco-solidaire a pu se faire une idée de la répartition géographique des clients : « on compte environ 3 000 adhérents car chaque acheteur verse une cotisation symbolique de 2 €. 60 % habitent autour de l’axe Dax-Orthez dans un rayon de 20 kilomètres, 20 % viennent d’au-delà de ces 20 km et 20 % sont des gens de passage ». Un nombre de clients réguliers respectable, mais avec désormais 4 salariés, « cela reste un modèle économique fragile et on a besoin de toujours plus d’adhérents et de gens sensibles à notre cause ».

La boutique de la recyclerie accueille un café associatif qui propose de nombreuses animations © S. Zambon | Dpt 40

Des soirées et des ateliers « pour passer du temps ensemble »

« Économiquement, ça a du sens de ne plus jeter et de recycler », dit Pierre, adhérent de Graines de Partage et professeur d’éducation socio-culturelle à la retraite. Cathy est de Saint-Pée-sur-Nivelle mais dispose d’un pied-à-terre à Mimbaste : « avec la baisse du pouvoir d’achat, c’est un très bon concept. Je connais la brocante depuis quasiment ses débuts. Je les ai aidés pour la mise en rayon de certains stands car je travaille dans le prêt-à-porter ».

Si les gens reviennent régulièrement à la recyclerie, c’est qu’elle offre beaucoup plus qu’un vaste choix d’objets très bon marché. « Elle a été développée par Graines de partages avec pour trame de fond la volonté de créer du lien social. Cet objectif premier n’a jamais été mis de côté », revendique Mehdi Rouizem. Chaque vendredi soir, le café associatif de la Brocante éco-solidaire propose une animation qui « permet aux gens de passer du temps ensemble » : karaoké, concert, ciné-débat, café-philo, etc. Le premier dimanche de chaque mois, l’ancien garage est ouvert pour un atelier sur une thématique spécifique : vannerie, soudure, réparation d’objets, bouture, échange de graines… Et tous les samedis, « des personnes de tous âges viennent bricoler dans notre atelier » se réjouit le directeur.

Un atelier de réparations ouvert à tous grâce au BPC40

Cette profusion d’activités manuelles ouvertes à tous a été rendue possible par la victoire de l’association à la deuxième édition du Budget Participatif Citoyen des Landes en 2021. La subvention départementale de 12 684 € a permis à la ressourcerie de se doter de matériel neuf pour son atelier de revalorisation des objets collectés. « Cela ouvre nos perspectives de réparation vers des opérations plus complexes, plus variées, et touchant à plus de domaines » se félicite Mehdi Rouizem. C’était d’autant plus nécessaire, dit-il, que « dans notre secteur, nous récupérons de vieux meubles, des choses beaucoup plus rustiques et moins dans l’air du temps que sur la côte, ce qui oblige à un travail de relooking plus approfondi pour les remettre au goût du jour ».

Mehdi Rouizem, directeur de Graines de partages et de la Brocante éco-solidaire, en compagnie du député Boris Vallaud et des conseillers départementaux Rachel Durquéty et Damien Delavoie lors de l'inauguration du projet lauréat du BPC40 le 1er avril © Graines de partages

 

Début janvier, Graines de partages a déposé un dossier auprès de la Caisse d’allocations familiales (CAF) pour être subventionné en tant qu’espace de vie sociale. Les actions ont déjà démarré avec les soirées du vendredi et les ateliers du week-end. L’association œuvre aussi pour l’inclusion numérique en faveur des plus démunis face aux démarches informatiques. Dans ses débats ou ses animations, elle aborde la lutte contre l’exclusion ou l’aide à la parentalité.

Autre axe de développement envisagé par Mehdi Rouizem : la collecte de biens auprès de professionnels du commerce ou de l’artisanat. Quoi qu’il arrive, la Brocante éco-solidaire peut s’appuyer sur un solide noyau d’adhérents convaincus des vertus de l’économie circulaire, à l’image de Pierre, le professeur à la retraite : « à un moment où la vie sociale se délite un peu, on ne peut qu’encourager ce type d’initiatives. C’est convivial, c’est social, c’est créateur de liens et porteur de sens ».
 

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