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Une certaine idée du théâtre

11/01/2020

242 vues

Catégorie(s) de la page :

  • #Culture
  • #Théâtre
© Antoine Agoudjian

Ariane Ascaride et Simon Abkarian, qui se produisaient ce dimanche au Pôle culturel de Saint-Pierre-du-Mont, défendent un théâtre populaire.

Durant huit ans, Simon Abkarian fit partie du Théâtre du Soleil dirigé par Ariane Mnouchkine, interprétant notamment les tragédies d’Eschyle et d’Euripide. Et cela se ressent chez l’auteur de théâtre qu’est devenu le comédien franco-arménien, repéré au cinéma chez Klapisch ou Guédiguian. Son diptyque, Le dernier jour du jeûne et L’envol des cigognes, exalte l’esprit de troupe et résonne comme un hommage au théâtre de la Grèce antique.

Nourrie d’œuvres classiques, l’écriture d’Abkarian est bouillonnante, foisonnante, audacieuse, oscillant entre instants élégiaques et dialogues truculents, parfois crus. Car l’auteur se revendique d’un théâtre qui redonne sa primauté au texte : «  ces dix dernières années, le texte a été un peu banni des pièces françaises. Mais un théâtre sans texte, c’est comme un printemps sans fleurs. Le théâtre, ce n’est pas du happening. Le happening, tu le fais sous la verrière des Champs-Élysées. ».

Ariane Ascaride, qui incarne Nouritsa, la mère de famille aimante aux dons de double vue, confesse que cette langue si riche peut paraître difficile à apprivoiser : « C’est une véritable écriture, très particulière. Les spectateurs mettent 10 minutes à choper le truc puis se laissent emporter. Nous-mêmes avons eu du mal à attraper cette langue pour la rendre évidente. Simon est arrivé à trouver la parole juste d’un monde populaire. »

Une fresque méditerranéenne aux accents féministes

Cette fresque familiale, tragi-comédie de quartier comme la définit son auteur, se situe dans un pays indéterminé du bassin méditerranéen. D’origine arménienne, Abkarian a passé une partie de sa jeunesse au Liban, en a été chassé par la guerre et les bombes. Il en restitue les goûts, les odeurs, les musiques, les générosités et les excès, tout en dessinant les contours d’une tragédie antique : «  le monde méditerranéen est un endroit où les extrêmes sont permis. Dans cette culture, les gens crient, s’embrassent, s’aiment ou se haïssent fort. C’est cette permissivité qui m’inspire car une fois que les extrêmes sont établis, on peut rentrer dans les nuances. »

Les femmes occupent une place centrale dans le diptyque. Dans Le dernier jour du jeûne, elles essaient de se libérer d’un patriarcat millénaire et dans L’envol des cigognes, plus sombre, elles subissent la folie guerrière des hommes. Abkarian dénonce le joug masculin, faisant la part belle aux personnages féminins gravitant autour de la lumineuse Nouritsa. Selon Ariane Ascaride, «  que les hommes consentent à se retirer ou pas, je crois qu’il faut que les femmes prennent la parole d’elles-mêmes. Elles doivent réfléchir à leur rapport au monde et reprendre leur place car elles sont émettrices depuis trop longtemps de la philosophie patriarcale. Il s’agit de se retrouver dans un rapport égalitaire, et non plus de confrontation. Mais cela prendra beaucoup, beaucoup de temps. »

© Antoine Agoudjian

Au total, les deux pièces durent six heures, «  un marathon qu’Ariane joue comme un sprint » admire Abkarian, et mobilisent une troupe d’une quinzaine d’acteurs à l’énergie communicative. «  Nous avons créé ce spectacle à la force de nos petits poignets, nous nous y sommes beaucoup investis et c’est comme s’il nous était rentré dans le corps », témoigne la comédienne. 

Les deux complices militent pour un théâtre vecteur d’éducation populaire, ouvert à tous les publics. « Malheureusement, regrette Ariane Ascaride,  le théâtre a été kidnappé par une certaine classe sociale qui écrit des pièces dans lesquelles elle peut se reconnaître. Alors qu’il devrait au contraire être universel et parler à tout le monde. Parfois, on perd l’esprit de réalité et le sens de pourquoi on fait de l’art. »
 

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