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17/11/2025
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Des professionnels de plusieurs pays d’Europe et des Etats-Unis dont une doctorante de Harvard, étaient présents pour cette première journée internationale de l’établissement expérimental landais qui incarne une révolution dans l'accompagnement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives.
En ouverture, Xavier Fortinon, président du Conseil départemental et successeur d’Henri Emmanuelli qui avait initié le projet en 2013, a insisté sur l'importance de « repenser nos valeurs communes d'accompagnement », soulignant le rôle crucial des professionnels et bénévoles dont « l'engagement, l'éthique et le professionnalisme font la qualité de ce dispositif » où se mêlent maison de santé ouverte sur l’extérieur, brasserie, coiffeur, alimentation, médiathèque et même, depuis cette année, une véritable saison culturelle.
Les études menées par l'Inserm sur les 24 premiers mois d'accueil démontrent des effets plus que bénéfiques de ce lieu innovant qui permet de « vivre comme chez soi, l’insécurité et l’isolement en moins », comme l’a résumé Jean-René Le Cerf, président du conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Les résidents voient ainsi leurs symptômes stabilisés, tandis que les aidants familiaux témoignent d'un allègement considérable de leur fardeau. Le dispositif a également permis une réduction significative de l'accompagnement médicamenteux et des jours d'hospitalisation, générant des économies pour l'ensemble du système de santé.

Lors d’une intervention vidéo, la ministre déléguée auprès du ministre de la Santé, Charlotte Parmentier-Lecocq, a confirmé la volonté du gouvernement de soutenir ce modèle entre « innovation architecturale, accompagnement humain et excellence scientifique pour un cadre de vie ordinaire sécurisant et porteur de sens » : « Le Village est un symbole fort de ce que peut être le modèle médical de demain ».
« Sans le soutien initial de l’Etat et de la CNSA, ce dispositif n’aurait pas pu voir le jour », a rappelé M. Fortinon, formant le vœu que « les arbitrages demandés (au gouvernement pour pérenniser le financement du village à partir de 2027), puissent être au rendez-vous. (…) De nombreux autres projets émergent en France, le devenir du Village envoie un signal à tous ces territoires, sur la possibilité d’innover, de sortir des cadres actuels. »
Les discussions sont en cours avec la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), l'Agence régionale de santé (ARS) et la CNSA pour assurer l'avenir du dispositif landais, financé notamment par l'ARS pour la partie soins et par le Département côté hébergement. « Aujourd’hui, le modèle est financé sur une base de 8 millions d’euros annuels, il faudrait qu’il le soit sur 9 millions, d’après ce que montre le recul sur cinq ans d’exercice », a expliqué en conférence de presse Xavier Fortinon : « si c’est un modèle qu’on veut essaimer, inévitablement le financement servira aussi de référence. »

Le VLA est « une lumière qui brille dans la pénombre alors qu'il faudrait qu'il y ait des établissements répartis sur l'ensemble du territoire », a pointé Jean-René Lecerf, regrettant « l'incapacité parfois de notre pays à investir sur des réussites ».
Si le modèle du Village a, selon lui, un écart de coût de l’ordre de + 40 % par rapport à un Ehpad classique (mais moins qu’un foyer ou maison d’accueil spécialisé par exemple), « on n’a pas encore comptabilisé les économies réalisées : moins de personnes qui encombrent les hôpitaux, des économies pour l’assurance maladie, etc.», a-t-il ajouté, alors qu’une étude sur le sujet doit rendre ses conclusions courant 2026.
Estimant qu’il est « plus que temps que nous cessions de présenter aux personnes vieillissantes et handicapées un choix réducteur entre domicile historique et Ehpad » et alors que la France est très en retard sur l'habitat partagé face à un pays comme l'Allemagne par exemple, le président du conseil de la CNSA a appelé à multiplier les résidences autonomie, l’accueil familial, la cohabitation intergénérationnelle. « Sur ces plans, a-t-il conclu, il y a des choses qui bougent aujourd’hui et il suffit de peu de choses pour développer de manière importante le type d’habitat intergénérationnel solidaire. »
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