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Violences faites aux femmes : les élu(e)s font entendre leur voix

08/11/2023

938 vues

© A. Tautou | Salima Sensou, Philippe Lamarque

Le 6 novembre sous l’impulsion du Département, un temps d’échanges entre collectivités et acteurs publics d’aide aux victimes a permis de définir les actions à venir et rappeler les outils existants.

À quelques jours de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Département des Landes a réuni une dizaine de collectivités, signataires de son appel « Pour une société landaise sans violence contre les femmes » voté en 2022. Autour des partenaires de l’ADAVEM-JP40, du CIDFF des Landes et de l’Union départementale des CCAS et CIAS, Salima Sensou, conseillère départementale chargée de la promotion de l’égalité femmes-hommes et de la lutte contre les violences faites aux femmes, a dressé avec les élu(e)s un premier bilan des mesures prises, des actions à mettre en place, recensé les besoins et les difficultés rencontrées.

Un protocole d’accueil et des formations

« La parole se libère mais quoi faire de cette parole ? Dans nos petites communes, il y a le qu’en-dira-t-on, la honte, le tabou, tout cela pèse mais on aimerait apporter notre pierre à l’édifice », confie Nathalie Boiardi, maire de Bostens. « Les jeunes aussi subissent beaucoup de violence », ajoute Nadine Payneau, adjointe au maire à Saint-Pierre-du-Mont. « Quand on pressent un problème que faut-il faire ? Que faut-il dire ? La formation me semble indispensable. Il faut que l’on se connaisse tous bien pour qu’il y ait une efficience dans la prise en charge », résume Marie-Françoise Nadau, maire de Parentis-en-Born.
En réponse à ces multiples questionnements, Salima Sensou a annoncé la prochaine mise en place « d’un protocole d’accueil synthétisant les différents contacts et les premières orientations à donner » ainsi qu’une communication commune pour sensibiliser le public. « Le Département peut vous accompagner financièrement pour les formations ». Arnaud Lucy, directeur de l’Association des Maires des Landes a avancé que « l’AML proposerait des sessions de formation aux élus au premier semestre 2024 ».

 

Nous sommes venus aujourd’hui pour chercher des outils, des clefs, des moyens car c’est un sujet qui nous déborde parfois.

Citation de Michèle Périer, adjointe au maire à Mimizan et déléguée communautaire

Création d’un service dédié

Salima Sensou est revenue sur le travail engagé par le Département comme la création en septembre 2023 du service Promotion de l'Égalité Femmes-Hommes à la disposition des communes pour les accompagner et les conseiller. Ce dispositif sera renforcé par l’arrivée d’un nouvel agent en janvier. À ce jour « 68 communes représentant 204 243 habitants et 15 sur 18 communautés de communes ont signé la motion », a précisé la conseillère départementale rappelant l’objet de la démarche : inciter les collectivités des Landes à adopter un vœu ou une mention témoignant leur engagement à mieux lutter contre les violences sexuelles, sexistes et domestiques sur leur territoire. « Je suis sûre que d’autres collectivités vont nous rejoindre. Nous pourrons les accompagner dans la formation de leurs agents et s’adapter à leurs besoins car ce qui est valable à Mont-de-Marsan ne l’est pas forcément à Labrit ».

 

Soutien aux associations pilotes

Avec l’ambition de mailler tout le territoire, le Département compte mobiliser les communes et les EPCI qui en auraient la capacité et les ressources pour renforcer le financement des associations pilotes afin qu’elles deviennent un relais supplémentaire. « Nous allons démultiplier les outils pour toucher plus de personnes. Ce problème de maltraitance est insidieux, caché dans les familles et toutes les strates sont touchées. La question que l’on doit se poser est comment collectivement on va pouvoir accompagner les gens dès le plus jeune âge ? », a insisté Salima Sensou. Philippe Lamarque, président de l’UDCCAS et maire de Sarbazan ajoutait « Nous devons arriver à être force de proposition pour éradiquer le problème et je suis persuadé qu’on y arrivera ».

 

 

Anne Decung (ADAVEM-JP40), Estelle Cara (CCAS de Biscarrosse), Ghislain Colmagro, Dominique Miniau et Clément Blanchet (commune de Biscarrosse) © Anne Tautou

L’ADAVEM et le CDIFF, un rôle majeur

La présence de l’ADAVEM-JP40 et du CDIFF a aussi permis de répondre aux interrogations des élu(e)s mettant en avant le rôle majeur de ces deux structures qui s’inscrivent dans la même démarche et se consacrent exclusivement aux victimes de violences intrafamiliales, sexistes ou sexuelles. Anne Decung, directrice de l’ADAVEM-JP40 a signalé que les interventions de l’association étaient en hausse de 28 % avec un bilan de 3 735 victimes aidées contre 2 659 en 2021. L’ADAVEM-JP40 a « multiplié par deux le chiffres des victimes aidées. Nous sommes dans une démarche pro active qu’on a intensifiée ces dernières années », précisant aussi que désormais « il y a une prise en charge globale de tous les acteurs familiaux que ce soit la femme, l’homme ou les enfants ».
Ce bilan a toutefois fait réagir la conseillère départementale. « Plus on avance, plus on se rend compte que les chiffres augmentent. Mais est-ce la parole qui se libère ou les chiffres qui augmentent ? » Probablement les deux : l’accent devra être mis sur la prévention et l’éducation s’accordent à dire les élu(e)s.

Initiatives des communes

Tandis que certaines communes peinent encore à trouver les bons outils, d’autres ont déjà lancé plusieurs dispositifs comme les hébergements d’urgence, les ciné débats, les forums… « Nous avons deux logements d’urgence qui ne servent pas qu’à Biscarrosse », a indiqué à l’assemblée Jean-Michel Suso, premier adjoint à l’action sociale de Biscarrosse. « Nous menons des actions auprès des enfants de CM2 sur le vivre ensemble et le harcèlement conjointement avec les enseignants et le périscolaire. Nous organisons des forums pour être visibles au plus grand nombre pendant leurs courses. Nous avons aussi créé des affiches de prévention qu’on distribue aux hébergeurs pour que cette population passante, qui vient aussi avec ses problèmes, soit informée. Le plan Angela est en place grâce aux commerçants… » a développé Clément Blanchet, coordinateur CLSPD (Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance) à Biscarrosse. À Tarnos, l’équipe municipale travaille à destination des familles à travers « des pizza débats, des permanences professionnelles ou par l’intermédiaire de la médiathèque », a indiqué Élisabeth Mounier, adjointe au maire de Tarnos.
 

 

Toutes les communes ne sont pas dotées de la même capacité d’action. Nous devons rendre notre territoire plus équitable et nous servir des expériences des uns et des autres.

Citation de Salima Sensou, conseillère départementale chargée de la promotion de l’égalité femmes-hommes

Le saviez-vous ?

Des associations à votre écoute

ADAVEM-JP40 - Association départementale d’aide aux victimes et de médiation - Justice de proximité 40 - Service d’aide aux victimes du département des Landes et suivi socio-judiciaire : 05 58 06 02 02

CIDFF Landes - Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles - assure l'accès des femmes et du public à l'information sur leurs droits dans les domaines juridique, professionnel, économique, social et familial et promeut l'information sur les droits des femmes et des familles - 05 58 46 41 43

 UDCCAS - Union départementale des Centres communaux d’Actions sociales et des Centres intercommunaux d’actions sociales

Des dispositifs spécialisés

Landes.fr où sont listés les dispositifs d’alerte et d’écoute pour prévenir les violences sexuelles et sexistes et en protéger toutes les victimes.

0 800 436 703 : ce numéro vert départemental créé par le CIDFF est confidentiel, gratuit et anonyme. Il a pour vocation de libérer la parole des femmes victimes de violences et/ou leurs proches.

« Où est Angela ? », c’est le nom de code, dans plusieurs villes de France, pour permettre à des personnes d'alerter discrètement des commerçants sur le fait qu'elles sont suivies ou victimes de harcèlement de rue.

 

 

 

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