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Un outil supplémentaire dans la lutte contre les violences intrafamiliales

01/12/2021

765 vues

© C. Chambres | Dpt 40

La Maison de protection des familles a été inaugurée le 25 novembre à Mont-de-Marsan. À terme, 5 gendarmes recueilleront la parole de mineurs victimes ou témoins de violences.

Écartons d’emblée tout malentendu. La Maison de protection des familles (MPF) n’est ni un lieu d’accueil ni un centre d’hébergement d’urgence pour les victimes de violences familiales. L’immeuble, situé rue Maubec, en plein cœur de Mont-de-Marsan, abrite depuis le 1er octobre une unité spéciale de la Gendarmerie nationale, dédiée aux cas les plus épineux de violences intrafamiliales impliquant des mineurs. 

À terme, début 2022, elle sera composée de 5 sous-officiers, formés aux techniques de recueil de la parole de l’enfant, suivant le protocole du NICHD (National Institute for Child Health and Human Development, organisme américain). « Ce sont des questions ouvertes, le plus neutres possibles, afin de ne pas induire la réponse. Entre 3 et 6 ans, on ne dépasse pas les 20 minutes d’entretien. Pour les 6 – 8 ans, la durée atteint 25 à 30 minutes. Durant ce laps de temps, il faut arriver à capter l’attention de l’enfant, instiller un climat de confiance », explique l’adjudant-chef Elisabeth Laguian, commandante du service. Celle-ci considère que rassembler en un même lieu les enquêteurs spécialistes des dossiers liés à l’enfance « renforce la cohésion de l’équipe, évite les pertes d’informations et accélère les délais de traitement des affaires ».

L'adjudant-chef Elisabeth Laguian, commandante de la Maison de protection des familles © C. Chambres | Dpt 40

Une unité d'appui

La MPF a un rayonnement départemental et vient en appui de l’ensemble des gendarmeries landaises qui peuvent la solliciter sur les dossiers particulièrement sensibles. Depuis le 26 octobre, 14 auditions de jeunes victimes, âgées entre 3 et 11 ans, ont été réalisées. Les procédures concernaient « 10 violences par ascendant, dont 2 graves, et 4 agressions sexuelles, dont 2 incestueuses », détaille l’adjudant-chef Laguian. 

Le plus souvent, les militaires vont à la rencontre des victimes, afin de leur éviter un déplacement parfois anxiogène dans un lieu inconnu. Cependant, à la fin des travaux d’aménagement, les enquêteurs disposeront dans leurs locaux d’une « salle Mélanie », du nom de la première petite fille à avoir bénéficié de cette procédure d’audition. C’est une pièce aux couleurs un peu vives, avec une petite table, un canapé, une étagère garnie de jeux, destinée à faciliter la mise en confiance de l’enfant. Il n’en existait jusqu’ici que 2 dans les Landes, au Centre départemental de l’enfance à Mont-de-Marsan et au commissariat de Dax.

 

Un volet prévention

À côté de sa mission d’enquête, la nouvelle brigade coordonnera les actions de sensibilisation conduites par les unités de gendarmerie landaises dans des établissements scolaires ou auprès de professionnels en lien avec l’enfance (enseignants, éducateurs, soignants, etc.). Les thématiques ne manquent pas, hélas : cyber-harcèlement, violences scolaires, agressions contre les séniors, racisme, antisémitisme, discriminations envers la population LGBT ou les personnes en situation de handicap… 

La MPF bénéficiera d’un partenariat accru avec les associations et institutions, ce qui « la place au cœur de la lutte contre les violences faites aux personnes vulnérables », se félicite le colonel Laurent Langelier, commandant du Groupement de Gendarmerie départementale des Landes. « La Gendarmerie est confrontée à beaucoup de violences au quotidien et doit pouvoir développer à la fois des actions de prévention et des interventions rapides et efficaces de prise en charge et d’orientation », renchérit, Cécile Bigot-Dekeyzer, préfète des Landes.

Salima Sensou, conseillère départementale en charge de l'Égalité femmes - hommes, des Violences faites aux femmes et de la Lutte contre les discriminations © S. Zambon | Dpt 40

Des dispositifs complémentaires

L’immeuble de la rue Maubec est gracieusement mis à disposition par le Conseil départemental des Landes, qui en finance intégralement la remise en état.  « Une preuve de plus, s’il en était besoin, d’un partenariat efficace et cohérent sur une question sensible », souligne Salima Sensou, conseillère départementale déléguée à l’Égalité femmes – hommes. L’État et le Département se donnent la main pour créer des outils apportant des solutions concrètes au fléau des violences intrafamiliales : intervenants de l’Adavem JP 40 dans les commissariats et les gendarmeries pour mieux accueillir et orienter les femmes victimes ; accompagnement des publics vulnérables par le CIDFFprise en charge des auteurs de violences avec la création d’une antenne landaise du CPCA Sud-Ouest… 

La MPF est « une pierre importante dans le mur que nous voulons construire pour endiguer les violences intrafamiliales », dit Frédéric Dutin. Le conseiller départemental en charge de l’Insertion rappelle que le budget consacré par la Collectivité aux violences faites aux femmes a quasiment doublé en 2 ans, passant de 120 000 € en 2019 à 235 000 € en 2021. 

Afin que tous ces dispositifs soient utilisés à bon escient, Salima Sensou met en avant le travail interne mené par le Département « afin d’aider nos travailleurs sociaux à mieux repérer, mieux accueillir et mieux accompagner les victimes de violences ». 
 

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