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Rendez-vous landais de l'autisme : un café pas tout à fait comme les autres

25/03/2024

349 vues

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© DR

À l'initiative du Département, professionnels et familles se sont retrouvés les 4 et 5 avril au Pôle à Saint-Pierre-du-Mont pour deux jours d'échanges et de réflexion. De jeux et de spectacles aussi.

Parmi les nombreux invités de la 3e édition des Rendez-vous landais de l'autisme, Laurence Melloul-Piou, directrice de l'Institut médico-éducatif (IME) Cour de Venise à Paris, est venue notamment parler de son innovant Café Marais, ouvert à tous en plein cœur du 3e arrondissement de la capitale, lors d'une table-ronde dédiée à des « expériences inspirantes » pour le projet landais « Chacun sa vie, chacun sa réussite ».

Le Café Marais est situé à deux pas de la place des Vosges à Paris © DR

 

Comment est né ce projet de Café Marais où travaillent de jeunes autistes de l'IME en cuisine et en salle ? 

Laurence Melloul-Piou : Quand on est un jeune adulte autiste, en gros personne ne veut de vous. Ils ont été exclus du milieu scolaire et sont ensuite exclus du milieu professionnel. Notre idée était d'ouvrir un lieu de participation sociale et citoyenne pour et avec ces jeunes, dans l'objectif d'élargir leurs choix d'orientations, en faire un lieu passerelle pour les former, dans un parcours d'apprentissage. 

L'opportunité d'un local, à loyer très inférieur au prix du marché dans ce quartier coté, s'est faite dans le cadre de la réhabilitation en logement social d'un bâtiment - la caserne des Minimes - par la mairie de Paris, juste derrière la place des Vosges et en face de l'IME. Nous avons ouvert il y a deux ans et demi, c'était un pari ambitieux qui a été soutenu par l'Agence régionale de santé (ARS) et d'autres partenaires. 

Nous n'étions pas des professionnels de la restauration mais nous nous y sommes formés avec l'Umih (Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration). La cheffe de cuisine, Nadine, a aussi dû se former à notre méthodologie et apprendre à travailler auprès de personnes autistes, elle s'y est très bien faite.
 

Le Café Marais a été conçu comme un endroit apaisant © DR

 

Comment fonctionne le café-restaurant ? 

Laurence Melloul-Piou : 17 jeunes au total sur 25 de l'IME y participent. Ils sont 5 à y venir en alternance, tous les jours, du mardi au vendredi, encadrés par des éducateurs de l'IME. C'est un lieu d'apprentissage progressif. Les prérequis sont d'abord enseignés à l'institut pour apprendre l'hygiène, la découpe, etc. avant de pouvoir passer au café. Nous avons adapté toute notre méthodologie de travail sur le principe de l'éducation structurée avec beaucoup de supports visuels. 

Ce sont souvent des jeunes non verbaux mais qui ont des compétences, qui aiment cuisiner et bien manger et la cuisine a le mérite de fonctionner en séquence, par recette, ce qui facilite l'apprentissage. Nous avons aussi fait des aménagements sensoriels en fonction de leurs particularités : de la couleur pour un endroit apaisant, des panneaux acoustiques au plafond, et aussi un sas sensoriel pour qu'ils puissent se reposer, s'isoler et faire baisser la stimulation. 

Pas de misérabilisme ici, nous sommes plutôt dans la valorisation des rôles sociaux. L'idée est que ce soit beau et bon. Et ça marche, les jeunes assurent un max ! L'été avec la terrasse, on sert jusqu'à 80 couverts par midi.

Des supports visuels guident les jeunes autistes dans leur travail au restaurant © DR

 

Quelles évolutions percevez-vous dans leur comportement grâce au travail ? 

Laurence Melloul-Piou : On voit les progrès, ils montent en compétence, ils développent de nouvelles capacités relationnelles et professionnelles, c'est un levier très intéressant. Aujourd'hui, nous avons des jeunes en capacité de travailler tout seuls, en totale autonomie. Nous sommes déjà dans la suite du parcours, en imaginant d'autres lieux de travail, au-delà de notre espace protégé, dans des Esat ou des restaurants. 

On explique bien aux futurs employeurs qu'on sera là pour les rassurer et les accompagner même si l'idée est bien qu'ils puissent faire sans nous, avec la personne. Il y a en tout cas une écoute qu'il n'y avait pas il y a quelques années. On ne nous dit plus « vous êtes des doux rêveurs, des idéalistes... »


Par cette expérience, quels conseils pouvez-vous donner pour le projet landais en cours « Chacun sa vie, Chacun sa réussite » ? 

Laurence Melloul-Piou : L'idée en venant témoigner ici est de partager mon expérience. Quand on a construit le café, j'ai fait le tour de France pour voir d'autres structures, c'est toujours bien de voir ce qui existe pour mieux savoir ce qui est possible. J'ai mis cinq ans à créer le café, parfois on est un peu déprimé et découragé, mais c'est une belle aventure humaine collective, avec un côté engagé militant. Ces jeunes auraient pu terminer en hôpital psychiatrique mais ils ont des capacités, des talents. Parler de leur dynamique, de leur créativité, et d'eux autrement que par le biais de l'autisme est essentiel. 

 

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